À l’initiative de la musicienne productrice Dinah Douieb, cette nouvelle approche est différente de celle abordée dans les années 1980 avec le raï électrique. Ce projet est un défi celui de métisser ces sonorités traditionnelles, acoustiques avec les musiques électriques et électroniques volontairement accentué d’un solide parfum rock qui colle à la peau de la Diva. Le raï rebelle transpire le rythm & blues et revit sous une forme musicale nouvelle imprégnée des multiples son électronique des machines où surgissent des riffs de guitares endiablés.

RABIA est un groupe de Funk Rock électronique. Nouvelle expérience musicale, Rabia traverse les cultures et efface les frontières.
RABIA signifie la RAGE en espagnol, en Arabe c’est le Printemps.
RABIA est viscéralement rivée aux sentiments obscurs du désir, n’est-il pas le plus bel augure pour unir les esprits ?
De nouveaux arrangements musicaux intégrant des éléments sonores électroniques et électriques dans le raï traditionnel. Un lap top, une guitare électrique des machines pulsative déferlant au beat lancinant déferlant comme une Rage de vivre.

Cheikha Rabia est la fille spirituelle de Cheikha Rimitti la “maîtresse” du genre, disparue en 2006. Cheikha Rabia est la dernière héritière et reste la seule à perpétuer ce répertoire, ce groove hors du temps.
Cheikha Rabia est une femme d’exception une maitresse du Chant, elle libère une énergie incroyable à 70 ans. Son plus profond désir est de communiquer ses chansons à un public jeune, d’être reliée au monde contemporain en intégrant sa tradition dans la modernité qui l’entoure, qui fait partit de sa vie. La résonnance de sa voix caverneuse, quasi mystérieuse et androgyne est puissante, d’une tonalité exceptionnellement grave.
Bien que née, il y a plus de cinquante ans à Relizane (Oran) c’est à Alger que Cheikha Rabia a débuté, dans les clubs de la capitale, bastion du chaäbi, chant plus prude et initiatique. Elle commence sur les scènes des cafés algérois et se fait un petit nom. Mais c’est en France qu’elle démarre réellement sa carrière.
Dans les années 1990, elle reprend la scène, « le seul endroit où je peux vraiment m’exprimer, rencontrer mon public » . Et participe notamment sur le Clip vidéo BARBES en 1990 ou elle chante et joue de l’accordéon aux cotés de Rachid Taha. «Découverte» par la presse française en 1999 à la faveur de son premier CD, Ana hak (je suis comme ça), virgin France. Elle signe en 2006 avec le Label Dinamyte et enregistre l’album roots : LIBERTI sorti chez Buda Musique.
Le défi de ce projet est de réussir à fusionner, métisser ces sonorités traditionnelles et actuelles, acoustique et électroniques, de bouleverser les clichés, de renverser les stéréotypes d’avoir une approche contemporaine, différente de celle abordée dans les années 80 avec le raï électrique ou Pop Rai.

Ce concept sonore que nous présentons ici fait suite à cinq ans de collaboration entre la productrice musicienne Dinah Douieb et la chanteuse Cheikha Rabia, au cours desquelles nous avons appris à nous connaitre et à accorder ensemble nos sensibilités musicales.
Pour parvenir à faire ressortir l’aspect acoustique dans la modernité musicale actuelle, nous avons notamment mis en avant les flutes aériennes et envoutantes en les plongeant dans une rigueur groove, tout en gardant leur authenticité musicale. Les structures rythmiques sont restructurées, réunis avec l’instrumentation traditionnelle sur des supports numériques.  Le projet RABIA s’articule autour de cette dynamique terriblement excitante. L’accent est pointé sur les subtilités du mixage. Dinah programme les batteries, les basses et les séquences électroniques, joue les guitares rythmiques et réinjecte dans le Mix une sélection des guitares de Yann Pechin ( Bashung++) et Mickey Finn ( Led Zep, Higelin) le piano de Mohamed Maghni ( Khaled, Rimitti) mixé  par Nicolas Baby (FFF, the Sound System…).

Sa voix est une grande source d’inspiration et d’innovation pour la productrice Dinah Douieb.

Après de longues années de recherche, d’écoute et de travail, avec la fascination et les interrogations que cette femme a suscitées en moi j’ai décidé d’illustrer électroniquement le parcours musical de la dernière gardienne du temple du Rai ancien. Femme enthousiaste et généreuse, son expérience invite à la réflexion.

L’inspiration de la chanteuse s’en trouve stimulée. Elle y chante l’amour, la difficulté de grandir, la solitude, la nostalgie de la séparation, la coupe de l’oubli, les larmes de l’amour, l’évasion de la nuit… Cœur et corps chavirés, on est pris dans la danse et dans la transe.
Cette transe inattendue, dont les origines se perdent dans la nuit universelle du temps, couronne de libération, les pressions de notre stress quotidien.